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Le
Commissariat Général du Plan a analysé*
l'évolution à venir des métiers
à l'horizon 2010.
Avenirs
des métiers : rapport du groupe "Prospective
des métiers et qualifications"
Synthèse
du rapport
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Claude
SEIBEL, Christine AFRIAT
COMMISSARIAT GENERAL DU PLAN
Novembre 2002
Le groupe de " Prospective des
métiers et qualifications ", créé en 1997, a été renouvelé
par le Commissariat général du Plan, à la suite de la
mission qui m'a été confiée par le Premier ministre
le 6 mars 2000, en vue d'éclairer le champ des possibles
en matière d'évolution des ressources en main-d'œuvre
de notre pays, tant sur le plan quantitatif que qualitatif.
Pour atteindre cet objectif, le groupe de prospective
a mené trois investigations, confiées à des " Ateliers
" : la première sur les conséquences de l'évolution
démographique pour le renouvellement des professions
et la dynamique du marché du travail ; la seconde sur
les conséquences de la diffusion des technologies de
l'information et de la communication (TIC) sur les emplois
; la troisième sur les mobilités professionnelles, en
analysant la nature de leurs transformations depuis
vingt ans et les déterminants qui influencent aujourd'hui
les trajectoires individuelles. Le rapport du groupe
plénier, qui doit beaucoup au travail remarquable de
son rapporteur général Christine Afriat, chargée de
mission au Service des Affaires Sociales du Commissariat
général du Plan, fait, dans sa première partie, la synthèse
des travaux conduits par ces trois ateliers, qui seront
publiés à l'automne . La seconde partie tire les principaux
enseignements du diagnostic que ces travaux ont permis
d'établir, diagnostic qui appelle des changements importants
dans les comportements collectifs ; elle propose des
orientations stratégiques pour renouveler et accroître
la population active ; elle esquisse ensuite un programme
de travail en vue de poursuivre et d'approfondir les
analyses produites dans ce cadre ; elle suggère des
modalités d'action destinées à sensibiliser et, plus
ambitieusement, à impliquer tous les acteurs concernés.
La dernière partie aborde la question du devenir du
groupe de prospective lui-même.
Avant de restituer les principaux éléments de diagnostic
et de proposition contenus dans le rapport de synthèse,
il est essentiel de souligner les défis démographiques
que nous aurons à relever dans un proche avenir. Les
bouleversements de la population active qu'entraîneront
les départs en retraite des générations importantes
de l'après-guerre sont aujourd'hui mieux perçus, mais
la conséquence souvent prédite d'une baisse mécanique
du chômage ne va pas de soi. Comme le montrent les évolutions
connues par certains pays européens voisins, il n'y
a pas de relation directe, automatique, entre la baisse
de la population active et la baisse du chômage. Or,
si l'action publique se fonde sur des anticipations
erronées ou si les comportements des acteurs ne s'adaptent
pas à la situation nouvelle, il existe un risque que
l'emploi soit fortement touché par la baisse de la population
active : soit, les partants ne seront pas remplacés
dans certaines spécialités ; soit, les difficultés de
recrutement conduiront à des hausses salariales qui
limiteront l'emploi ; soit, enfin, pour certains segments
de la production, des décisions de délocalisation seront
accélérées en réponse à des pénuries de main-d'œuvre.
Certes, les difficultés conjoncturelles actuelles exacerbent
l'ampleur des restructurations de certaines branches
industrielles et polarisent le débat sur les problèmes
économiques du court terme. Pourtant, elles rendent
encore plus nécessaire de préparer l'avenir puisque
le risque est de voir, à terme, coexister des pertes
d'emplois dans les secteurs les plus exposés et d'importants
besoins de renouvellement qu'il faut prendre en considération
dès aujourd'hui. Ce sont ces défis qui sont au cœur
de l'analyse et des propositions du groupe de " Prospective
des métiers et qualifications " : les relever demandera
une prise de conscience et des efforts considérables
de la part des partenaires sociaux, des chefs d'entreprises
et des pouvoirs publics.
Les principaux éléments du diagnostic Prospective
et démographie de la population active : des situations
diversifiées, des tensions prévisibles à court et moyen
termes
Le groupe a bénéficié de travaux importants conduits
par la DARES (ministère du Travail) et la DPD (ministère
de l'Éducation nationale). Fondés sur des hypothèses
analogues de croissance économique située entre + 2,4
et + 3 % par an sur la période des dix années à venir,
ils font apparaître des créations nettes d'emplois qui
s'élèveraient à 2,8 millions dans l'hypothèse la plus
favorable et à 1,2 million pour l'hypothèse la plus
basse. Les créations d'emplois profiteraient essentiellement
au secteur tertiaire, mais les secteurs industriels
et la construction renoueraient également avec la croissance,
notamment dans l'hypothèse la plus favorable. L'évolution
du chômage est naturellement plus favorable dans l'hypothèse
haute : le taux de chômage se situerait entre 5 et 6
% ; il se réduirait à 8 % environ dans l'hypothèse basse.
Pourtant, les embauches nettes seront beaucoup plus
élevées du fait des flux attendus de départs en retraite
à partir de 2005-2006. Entre 2000 et 2005, environ 480
000 personnes et entre 2005 et 2010, 650 000 personnes
par an en moyenne partiront à la retraite. Tous les
secteurs ne seront pas cependant confrontés de la même
manière à ce phénomène. Si les métiers de l'enseignement
et de la fonction publique, de la formation, de la santé,
des banques et des assurances, des professions juridiques
connaîtront des besoins de recrutement importants, les
métiers de l'hôtellerie-restauration, de l'alimentation,
du bâtiment et des travaux publics enregistreront des
départs à la retraite situés dans la moyenne. En revanche
d'autres secteurs, comme les métiers des études et de
la recherche, de l'informatique, des services aux particuliers
connaîtront des tensions sur le marché du travail dues
essentiellement à leur dynamique propre de développement.
Malgré la diversité des situations, des tensions ne
manqueront donc pas d'apparaître dans les années qui
viennent .
Une diffusion généralisée des technologies de l'information
et de la communication (TIC) dans la majeure partie
des métiers
Si la création nette d'emplois liée directement aux
technologies de l'information et de la communication
devrait se poursuivre à un rythme voisin de celui du
passé, la diffusion de ces technologies dans les organisations
de travail modifiera profondément les postes de travail
et agira, dès lors, sur l'évolution des métiers : innovations
technologiques et innovations organisationnelles transforment
en effet les logiques de métiers préexistantes. Certes
de nouveaux métiers émergent, de nouvelles compétences
et de nouvelles fonctions sont mises en œuvre. Mais
les métiers totalement nouveaux sont rares. Lorsqu'apparaît
une nouvelle profession, elle naît le plus souvent de
l'hybridation de compétences relevant de champs professionnels
initialement distincts, comme dans le cas des " bio-informaticiens
". Les " vieux métiers " résistent dans leurs identités
à l'arrivée des nouveaux outils, ils modifient certes
les pratiques professionnelles mais ne disqualifient
pas nécessairement les savoirs de base du métier. L'élargissement
des compétences requises pour l'exercice d'un métier
nécessite de nouveaux concepts, de nouvelles qualifications
L'opposition entre " anciens " et " nouveaux " métiers
est, dans le nouveau contexte, réductrice : au concept
de " nouveaux métiers ", il est proposé de substituer
celui de " nouvelles logiques professionnelles ", entendues
comme de nouvelles combinaisons de connaissances, de
compétences et de caractéristiques de champs professionnels
autrefois considérés comme distincts, exprimant de nouveaux
rapports à l'organisation et au marché du travail. L'accent
mis sur la polyvalence des postes de travail traduit
cet élargissement des compétences requises au-delà de
la maîtrise des outils techniques nécessaires à l'exercice
de chacun des métiers : la plupart des postes de travail,
notamment dans les activités de services, nécessitent
des compétences " techniques ", des compétences " organisationnelles
" et des compétences de " marché " . Leur reconnaissance
dans une qualification redéfinie est un des enjeux de
l'avenir, quelles que soient les modalités de leur acquisition
( formation initiale ou formation tout au long de la
vie, formation informelle ou " sur le tas ", expérience
professionnelle, expérience sociale ).
Dynamique du marché du travail et mobilités professionnelles
: un contexte et des mouvements favorables, qu'il faudra
cependant accompagner
L'ampleur des mobilités, qu'il s'agisse des changements
d'emploi, d'entreprise, de secteur, de catégorie socioprofessionnelle,
est fortement dépendante de la conjoncture économique
: plus les créations d'emploi sont importantes, plus
les mobilités sont nombreuses. La montée des emplois
précaires amplifie ce phénomène, contribuant en particulier
au développement de la mobilité entre entreprises. Le
rôle de la formation dans l'évolution des carrières
des individus se transforme. L'importance des diplômes
de formation générale pour progresser sur le marché
du travail s'en trouve renforcée. Les promotions internes
se ralentissent. La possibilité de changer d'emploi
à l'issue de la formation est moins probable. Dans le
contexte macro-économique actuel, le marché du travail
va connaître des mouvements importants, susceptibles
de faire évoluer favorablement la situation des individus,
qui devraient profiter de l'amplification des mobilités
professionnelles. Pourtant, celles-ci devront faire
l'objet d'un accompagnement approprié, car si les individus
dotés de qualifications élevées peuvent tirer aisément
parti de leur mobilité, les autres ne doivent pas être
laissés à l'écart. Il s'agit notamment des salariés
de faible qualification scolaire initiale mais dotés
d'une longue expérience professionnelle, qui doivent
permettre de satisfaire les besoins de renouvellement
de la population active dans l'industrie et dans les
services. La mise en œuvre de la validation des acquis
de l'expérience (VAE), ciblée sur cette catégorie, serait
pour eux un atout considérable. Les propositions du
groupe de prospective Répondre aux défis de l'avenir
pour renouveler et accroître la population active constitue
la trame des propositions stratégiques d'action contenues
dans la deuxième partie du rapport. A ces priorités
stratégiques sont liées des propositions d'approfondissement
des connaissances et de stimulation des initiatives
d'information et de communication en direction des acteurs
économiques et sociaux les plus directement concernés.
· Face au départ massif de certaines générations de
salariés à la retraite, les entreprises auront le choix
entre l'accentuation des gains de productivité, l'embauche
de jeunes, la promotion interne fondée sur des politiques
de formation. Leur comportement dépendra des perspectives
de croissance et de rentabilité, de l'environnement
institutionnel, de leur prise de conscience vis-à-vis
des problèmes structurels du pays. Les entreprises vont
devoir s'interroger de façon plus précise et mieux informée
sur les compétences dont elles vont avoir besoin : il
est donc indispensable " d'opérationnaliser " les décisions
au plus près du terrain (branches, régions, entreprises)
pour anticiper les besoins de renouvellement (quantitatifs
et qualitatifs) de leurs ressources en main-d'œuvre.
Le groupe de prospective préconise de " redynamiser
les études prospectives de métiers par branche ou par
région ". Ce relais des études nationales par des travaux
décentralisés existe déjà dans certaines branches (assurances,
fonction publique, télécommunication, transport aérien
…) et dans certaines régions, mais il est temps d'étendre
en profondeur ces démarches. Il est indispensable de
constituer avec ces partenaires un réseau d'organismes
articulés sur les branches ou sur les régions pour impulser
ces travaux de prospective et pour préparer l'avenir
dans ces domaines. · Le deuxième grand chantier, qui
implique les partenaires sociaux et les pouvoirs publics,
concerne l'augmentation des ressources en main-d'œuvre
par le relèvement du taux d'emploi. Certaines de ces
actions sont déjà définies par les politiques européennes
de l'emploi. Il s'agit de favoriser le retour à l'emploi
de ceux qui en sont exclus, de maintenir dans l'emploi
les salariés âgés, de définir une politique maîtrisée
d'immigration d'actifs en lien avec les pays de l'émigration,
de favoriser une meilleure insertion des jeunes en développant
l'attractivité des emplois dans les branches où les
recrutements et la fidélisation de la main-d'œuvre sont
défaillants. · Le groupe " Prospective des métiers et
qualifications " met également en évidence la nécessité
de poursuivre des investissements de connaissance dans
trois domaines : l'évolution des mobilités professionnelles,
dont les liens avec la mobilité géographique doivent
être mieux cernés ; le suivi de l'évolution du contenu
des métiers en termes de qualifications, de compétences,
en lien avec la certification et la validation des acquis
de l'expérience ; l'approfondissement du concept de
travail peu qualifié en termes de métiers, de compétences
requises et de reconnaissance salariale et professionnelle.
Mobiliser les acteurs économiques et sociaux et les
collectivités territoriales
Les thèmes évoqués par le groupe de " Prospective des
métiers et qualifications " concernent à terme de très
nombreux acteurs économiques et sociaux, avec des dimensions
individuelles et collectives, dont la prise de conscience
est encore faible. Les mouvements démographiques de
la population active, l'irruption des technologies de
l'information et de la communication dans la plupart
des postes de travail, l'élargissement du contenu des
emplois vers de nouvelles compétences, tout ceci concerne
chacun des actifs mais également les entreprises auxquelles
ils appartiennent, les partenaires sociaux, les appareils
de formation, les pouvoirs publics aussi bien l'État
que les collectivités territoriales, en particulier
les Régions. Il y a donc un énorme travail pour mettre
à la disposition des intéressés les informations disponibles
et plus encore à anticiper les transformations nécessaires
des comportements individuels et collectifs. Grâce à
l'analyse menée pour le Commissariat général du Plan
des besoins de connaissance, en matière de prospective
des métiers, des Conseils régionaux, des partenaires
sociaux, de branches professionnelles et d'entreprises,
il apparaît une forte demande sur la plupart des thèmes
évoqués ci-dessus, mais beaucoup d'incertitudes sur
les formes de la communication et des échanges à mettre
en place. Il ne s'agit pas de décalquer des modèles
et des problématiques nationales auprès d'instances
locales, qu'il s'agisse de branches, d'entreprises ou
de régions. L'enjeu serait plutôt d'accompagner leurs
responsables grâce à des données de cadrage et de contexte
; de développer des outils et des méthodes adaptés aux
problèmes à résoudre ; de capitaliser les expériences,
tant dans le domaine de la méthodologie que pour mieux
faire connaître les bonnes pratiques. Il s'agit en fait
d'une fonction de médiation entre travaux nationaux
et initiatives locales avec un accent tout particulier
mis sur les régions, en lien avec les OREF et les CARIF,
et sur les branches professionnelles, en lien avec les
Observatoires de branches actuels ou ceux susceptibles
d'être créés par les partenaires sociaux.
L'avenir du groupe de prospective des métiers et
des qualifications
L'évolution du mandat, des structures et du fonctionnement
du groupe de " Prospective des métiers et qualifications
" relève, en logique, d'une décision à prendre au niveau
du Premier ministre, notamment dans la mesure où les
objectifs recherchés et les moyens à mettre en oeuvre
supposent une coopération étroite entre partenaires
divers ( partenaires sociaux, régions, administrations
de l'État ). Une telle décision permettrait en outre
d'affirmer l'importance que le gouvernement attache
à la préparation de l'avenir face à des problèmes qui
nécessitent d'être bien anticipés et requièrent une
forte mobilisation de l'ensemble des acteurs concernés,
économiques et sociaux, aux diverses échelles de notre
territoire. Le groupe de prospective a esquissé trois
scénarios possibles pour dessiner son futur cadre de
travail et en a pesé les avantages et les inconvénients
respectifs. Ces scénarios ont en commun d'être fondés
sur l'hypothèse du maintien et du développement - reconnus
nécessaires par tous nos interlocuteurs - d'une structure
nationale de concertation, de coordination et d'animation
des travaux techniques de prospective sur les métiers
et les qualifications. Les premiers enseignements des
travaux jusqu'alors conduits dans le cadre actuel, et
les préconisations qui en résultent, montrent en effet
que les difficultés rencontrées dans la période récente
risquent d'être moindres que celles qu'il conviendra
de surmonter dans les quinze prochaines années. Après
examen de ces trois scénarios alternatifs, il m'apparaît
que la mise en place d'une mission de " Prospective
des métiers et qualifications ", au sein du Commissariat
général du Plan, permettrait au Premier ministre d'affirmer
le caractère crucial de l'anticipation de l'avenir dans
ces domaines. Une telle mission, qui doit rester légère,
permettrait de contribuer au mouvement de décentralisation
et de déconcentration, notamment des politiques de formation
professionnelle, tout en maintenant une certaine coordination
technique des travaux prospectifs sur les métiers et
les qualifications. Elle aurait pour but principal d'éclairer
le lien entre les bouleversements attendus du marché
du travail et le développement de la formation tout
au long de la vie, afin d'aider les acteurs socio-économiques
à surmonter les tensions prévisibles. Si cette suggestion
était retenue, sa mise en œuvre devrait être préparée
pour permettre à cette mission nationale d'être opérationnelle
dès le début de l'année 2003. En accentuant l'effort
collectif en ces domaines, les pouvoirs publics, les
partenaires sociaux et les responsables régionaux disposeraient
d'un outil qui se révélera indispensable dans le cadre
de la construction européenne, car tous les pays européens
vont, peu ou prou, vivre les mêmes évolutions démographiques.
L'Union européenne - aussi bien le Conseil que la Commission
- a peu investi sur ce sujet jusqu'à maintenant et les
expériences nationales sont inégales, voire inexistantes.
Pourtant, les tendances démographiques à l'œuvre dans
les principaux pays de l'Union européenne et les mécanismes
d'élargissement auront un impact sur les mouvements
de main-d'œuvre avec, pour certains pays, des tensions,
voire des pénuries qui apparaissent déjà dans certaines
zones frontalières de notre pays. C'est aussi à ce type
de préoccupations que devrait répondre le développement
de travaux de prospective sur les métiers et les qualifications
à l'échelon national et européen. Au terme de la mission
qui m'a été confiée et de cette première phase de la
vie du groupe, qui fut intense et fructueuse, il faut
remercier de leur active collaboration tous les partenaires
associés à ces travaux de prospective : qu'il s'agisse
des présidents et rapporteurs des ateliers, des nombreux
intervenants, des administrations nationales, des partenaires
sociaux et des représentants des régions, des services
du Commissariat général du Plan, leurs apports ont tous
été déterminants. Les contributions écrites de tous
les partenaires sociaux sont publiées avec le rapport
de synthèse. Elles montrent l'importance que ceux-ci
attachent au développement partenarial de ce type d'investigation
sur l'avenir.
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du Plan
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Novembre 2002
(Sources:
Rapidinfoline.com/ Commissariat Général
du Plan)
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