L'entreprise et l'entrepreneur
ne forment qu'une seule et même personne.
Il en résulte :
- Une grande liberté d'action
: l'entrepreneur est le seul maître à
bord et n'a de comptes à rendre à
personne. La notion d' « abus de bien social
» n'existe pas dans l'entreprise individuelle.
- En contrepartie, les patrimoines
professionnel et personnel sont juridiquement
confondus. L'entrepreneur est responsable des
dettes de l'entreprise sur l'ensemble de ses biens
y compris ceux qu'il a acquis avec son conjoint,
s'il est marié sous le régime légal
de la communauté réduite aux acquêts.
Il sera toutefois possible à partir de
janvier 2004 d'isoler son habitation principale
des poursuites des créanciers en procédant
à une déclaration d'insaisissabilité
devant notaire, publiée au bureau des hypothèques
et selon les cas, au Registre du Commerce et des
Sociétés, au Répertoire des
Métiers ou dans un journal d'annonces légales.
- L'entreprise porte officiellement
le patronyme de son dirigeant, auquel il est possible
d'adjoindre un nom commercial,
- Les bénéfices
de l'entreprise seront portés dans la déclaration
des revenus de l'entrepreneur, dans la catégorie
correspondant à son activité : Bénéfices
industriels et commerciaux (BIC) ou Bénéfices
non commerciaux (BNC).
- Les formalités de création
de l'entreprise sont réduites au minimum.
Il suffit de demander son immatriculation, en
tant que personne physique, auprès du centre
de formalités des entreprises situé
à la Chambre de commerce et d'industrie
pour les commerçants, à la Chambre
de métiers pour les artisans, au Greffe
du tribunal de commerce pour les agents commerciaux
et à l'URSSAF pour les professions libérales. |
Créer une société
revient à donner naissance à une
nouvelle personne, juridiquement distincte du
ou des associés fondateurs.
Par conséquent :
- L'entreprise dispose de son
propre patrimoine. En cas de difficultés
de l'entreprise, en l'absence de fautes de gestions
graves qui pourraient être reprochées
aux dirigeants, les biens personnels de ces derniers
- et naturellement des associés - seront
à l'abri de l'action des créanciers
de l'entreprise, à l'exception de la société
en nom collectif dans laquelle chaque associé
est solidairement et indéfiniment responsable
avec la société.
- L'utilisation des biens de
la société à des fins personnelles
peut entraîner des poursuites au titre de
l'« abus de biens sociaux ».
- S'agissant d'une « nouvelle
personne », la société a un
nom (dénomination sociale), un domicile
(siège social) et dispose d'un minimum
d'apports constituant son patrimoine initial pour
faire face à ses premiers investissements
et premières dépenses (capital social).
- Le dirigeant désigné
pour représenter la société
vis à vis des tiers n'agit pas pour son
propre compte, mais au nom et pour le compte d'une
personne morale distincte. Il doit donc respecter
un certain formalisme lorsqu'il est amené
à prendre des décisions importantes.
De même, il doit périodiquement rendre
des comptes aux associés sur sa gestion.
- Au niveau fiscal, la société
peut être imposée personnellement
au titre de l'impôt sur les sociétés
(IS) soit de plein droit, soit sur option.
- La création de la société
donne lieu à des formalités complémentaires
: rédaction et enregistrement des statuts
auprès du centre des impôts, parution
d'une annonce dans un journal d'annonces légales. |
> La nature de l'activité
Certaines activités - elles sont
rares - imposent le choix de la structure juridique.
C'est par exemple le cas des débits de
tabac qui doivent obligatoirement être exploités
en entreprise individuelle ou en Société
en nom collectif. Il est donc prudent de se renseigner
au préalable auprès des organismes
professionnels concernés, des chambres
consulaires ou en se procurant des fiches ou ouvrages
sur l'activité choisie.
> La volonté
de s'associer
On peut être tenté de créer
une société à plusieurs pour
des raisons diverses : patrimoniales, économiques,
fiscales ou encore sociales.
Mais si l'on n'a pas, au départ, la volonté
réelle de s'associer, de mettre en commun
ses compétences, connaissances, carnet
d'adresses... "pour le meilleurs et pour
le pire", les chances de réussite
seront considérablement amoindries.
Certains professionnels souhaitent être
"seul maître à bord" et
ne supportent pas d'avoir des comptes à
rendre.
Mieux vaut alors rester indépendant, en
entreprise individuelle ou EURL par exemple, quitte
à s'associer avec d'autres pour ne partager
que certaines charges et ainsi réaliser
des économies : c'est le cas de la Société
civile de moyen (SCM) ou du Groupement d'intérêt
économique (GIE) par exemple, dans lesquelles
chaque associé reste indépendant
au niveau de l'exercice de son activité
professionnelle.
> L'organisation
patrimoniale
Lorsque l'on a un patrimoine personnel
à protéger et/ou à transmettre,
le choix de la structure juridique prend toute
son importance.
Constituer une société permet de
différencier son patrimoine personnel de
celui de l'entreprise et donc de protéger
ses biens personnels de l'action des créanciers
de l'entreprise.
Il convient cependant de préciser trois
points :
- Le rempart juridique, que constitue une société,
sera différent d'une structure à
une autre. En effet, dans une Société
en nom collectif (SNC), par exemple, chaque associé
est solidairement et indéfiniment responsable
avec la société. En cas de difficultés
financières, si les biens de la société
ne suffisent pas à désintéresser
les créanciers, ceux-ci pourront faire
saisir les biens d'un ou de plusieurs associés,
à charge pour ces derniers de se faire
rembourser en partie par ses co-associés.
- Quelle que soit le type de société
choisi, le ou les dirigeants (de droit ou de fait)
sont garants de la bonne gestion de l'entreprise
à l'égard de leurs associés
et des tiers. Si ces derniers sont en mesure de
prouver qu'ils ont commis des fautes de gestion
se révélant être à
l'origine des difficultés financières
de l'entreprise, ils pourront rechercher leur
responsabilité et intenter à leur
encontre une action en comblement de passif.
- Enfin, dès l'instant où la société
demandera un concours bancaire, il sera probable
que la caution de certains dirigeants ou associés
sera exigée.
> Les besoins financiers
Les besoins financiers ont été
déterminés lors de l'établissement
des comptes prévisionnels.
Lorsqu'ils sont importants, la création
d'une société de type SA ou SAS
peut s'imposer pour pouvoir accueillir des investisseurs
dans le capital.
Attention cependant à ne pas confondre
"capital minimum" et "besoins financiers
de l'entreprise". En effet, certaines sociétés
imposent un capital social minimum, qui n'a naturellement
aucun rapport avec les besoins financiers réels
de l'entreprise.
> Le fonctionnement
de l'entreprise
Selon la structure choisie, les règles
de fonctionnement seront plus ou moins contraignantes.
Dans l'entreprise individuelle, le dirigeant est
seul. De ce fait, les règles de fonctionnement
sont réduites au minimum. Il prend toutes
les décisions et engage en contrepartie
sa responsabilité.
Dans les sociétés, le dirigeant
n'agit pas pour son propre compte, mais au nom
et pour le compte de la société.
Il doit donc observer un certain formalisme et
requérir l'autorisation de ses associés
pour tous les actes importants qui touchent la
vie de l'entreprise.
> Le régime
social de l'entrepreneur
Ce critère a longtemps été
déterminant dans le choix de la structure
juridique. En effet, certains créateurs
n'hésitaient pas à constituer des
sociétés fictives pour être
rattachés, en tant que dirigeant, au régime
général des salariés.
La législation a aujourd'hui largement
évolué vers une harmonisation des
statuts et le régime des salariés
n'est plus aujourd'hui la panacée.
Cependant le régime social demeure un critère
à prendre en compte dans certains cas particuliers
et notamment lorsque le créateur a cotisé
pendant de nombreuses années dans un régime
de retraite complémentaire de cadres.
> Le régime
fiscal de l'entrepreneur et de l'entreprise
Selon le type de structure choisi, les
bénéfices de l'entreprise seront
assujettis à l'impôt sur le revenu
ou à l'impôt sur les sociétés.
Là encore, ce critère sera rarement
déterminant en phase de création.
En effet, il est difficile d'évaluer précisément
le chiffre d'affaires prévisionnel de la
future entreprise et d'effectuer ainsi une optimisation
fiscale réaliste.
Néanmoins, si l'entreprise peut bénéficier
d'une mesure d'exonération d'impôts
sur les bénéfices, se placer sous
le régime de l'impôt sur le revenu
sera plus avantageux. En effet, l'exonération
portera alors sur l'intégralité
des bénéfices, rémunération
du ou des dirigeants comprise.
> La crédibilité
vis-à-vis des partenaires (banquiers, clients,
fournisseurs...)
Il est indéniable que pour approcher
certains marchés, la création de
l'entreprise sous forme de société
avec un capital conséquent sera recommandée.
Le créateur devra prendre
en considération ces différents
critères, en évitant de faire reposer
son choix sur un seul d'entre-eux.
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