L'appellation "étude
de marché" peut en intimider plus
d'un qui ne se sentent pas suffisamment compétents
pour se lancer seuls dans cet exercice. En fait,
une étude de marché reste avant
tout une affaire de bon sens. Elle doit permettre
d'apporter des réponses précises
aux questions suivantes :
Que va-t-on vendre et pourquoi ?
On doit pour cela affiner au maximum les caractéristiques
de ses produits ou de ses services : spécialisation,
niveau de qualité, avantages, gamme, présentation,
finition, conditions d'emploi, prestations complémentaires,
etc...
Et rechercher l'origine de son idée : pourquoi
vendre tel produit ou proposer tel service et
pas autre chose ?
A qui vendre ?
Il est important de définir le plus précisément
possible sa clientèle :
- Sa répartition : entreprises, associations,
institutions, collectivités, individus,
couples, familles...
- S'agit-il d'une clientèle homogène
ou hétérogène ?
- Quelles sont ses caractéristiques ? Taille,
activité, chiffre d'affaires pour les entreprises
; âge, catégorie socioprofessionnelle
pour les particuliers, etc.
- Quel est son niveau de consommation ou taux
d'équipement ?
- Est-elle concentrée, dispersée,
de passage, de proximité... ?
A quel besoin correspond le produit ou
service ?
Quelles sont les attentes des futurs clients ?
Gain de temps, de place, d'argent, besoin de sécurité,
de confort, de nouveauté, etc.
Quels avantages l'entreprise va-t-elle leur apporter
? Garantie de qualité, de technicité,
de ponctualité, de souplesse, de délais
d'exécution, horaires, étendue du
choix, etc...
Comment vendre ?
Quels modes de fonctionnement et de vente sont-ils
envisagés ?
Il est important de réfléchir longuement
à ce point pour adapter le mode de distribution
aux habitudes de la clientèle : achats
sur catalogue, après essai, sur références,
après démonstration, à domicile,
après devis, par appel d'offres, etc...
Quels sont les concurrents ?
Il est impératif d'analyser les atouts
des concurrents directs, c'est à dire proposant
un produit ou service identique, et des concurrents
indirects, c'est à dire offrant un produit
ou service différent mais satisfaisant
le même besoin : notoriété,
ancienneté, accessibilité, publicité,
surface de vente, étendue de la gamme,
tarifs proposés, facilités de paiement.,
etc...
Quels sont les moments propices à
l'achat du produit ou du service ?
- L'activité de la clientèle visée
est-elle assujettie à un calendrier, un
planning, ou des horaires particuliers, etc...
- La demande est-elle ponctuelle, accidentelle,
périodique, saisonnière, régulière,
etc...
- Les achats sont-ils programmés, aléatoires,
d'urgence, etc...
Où implanter l'entreprise ?
Y a-t-il intérêt à s'installer
près des sources d'approvisionnements ou
près de la clientèle ?
Si le projet consiste à ouvrir un commerce
de détail, l'emplacement sera capital pour
sa réussite. Lorsquoun local est repéré,
il ne faut pas hésiter à passer
plusieurs jours dans le quartier, à questionner
les commerçants, à surveiller attentivement
le flux des passants, à observer les commerces
concurrents.
Comment estimer son chiffre d'affaires
prévisionnel ?
En recoupant les différents éléments
d'informations recueillis, on doit être
en mesure d' évaluer le nombre de clients
potentiels sur sa zone d'intervention et de mesurer
leur volume de consommation possible afin de bâtir,
en le justifiant, son chiffre d'affaires prévisionnel.
Cette information peut être recoupée
avec les informations détenues sur les
concurrents ou par des statistiques professionnelles.
cf. fiches professionnelles de l'APCE.
Comment faire cette étude ?
Dans la plupart des cas, il est possible de la
réaliser soi-même :
- en effectuant une recherche documentaire auprès
des sources d'informations mises à sa disposition
: chambres consulaires, organismes et syndicats
professionnels, Institut national de la statistique
et des études économiques (INSEE),
Centre de recherche pour l'étude et l'observation
des conditions de vie (CREDOC), Institut national
de la consommation (INC), grandes bibliothèques,
serveurs minitel et sites internet spécialisés...
- en récoltant les prospectus publicitaires
et annonces parues dans la presse émanant
de la concurrence,
- en visitant les salons, foires, expositions
et autres manifestations,
- en interviewant des professionnels, prescripteurs,
donneurs d'ordre, fournisseurs,
- en menant une enquête par entretiens,
sondages ou mini-tests auprès de la clientèle
potentielle,
- en observant sur le terrain les concurrents
et, s'il y a lieu, le comportement des passants.
Il est aussi possible de confier
cette étude à un tiers, professionnel
du marketing ou Junior-Entreprise par exemple.
Il est très important, dans ce cas, de
ne pas la délaisser totalement et y participer
activement pour être en prise avec l'information
de terrain : c'est capital pour la bonne marche
et le développement de la future entreprise
! |
Grâce aux connaissances
acquises précédemment, cette nouvelle
étape doit permettre de construire l'offre
de son entreprise en validant ou ajustant certains
points-clé de son projet. Pour cela, il
lui faudra analyser les caractéristiques
:
- de la demande, pour répondre au plus
près aux exigences du marché,
- de l'offre de la concurrence, pour se distinguer
et mettre en avant ses atouts.
La composition de la clientèle
présumée et sa localisation
La gamme de produits ou services doit être
adaptée aux profils-type de la clientèle
repérée.
Si la clientèle présente une diversité
suffisamment importante pour qu'il soit pertinent
de segmenter son offre de services ou de produits,
il faudra alors définir des couples «
produits ou services / types de clients »
de manière à déterminer :
- celui ou ceux qui constitueront les produits
d'accroche,
- celui ou ceux qui constitueront le fonds de
clientèle,
- celui ou ceux qui dégageront vraisemblablement
le plus de marge.
La localisation: si la clientèle
est géographiquement concentrée,
la décision portera sur le choix de l'infrastructure
(fixe ou mobile) qui permettra d'être présent
sur les zones considérées.
Dans le cas contraire, il faudra choisir les moyens
à mettre en place pour atteindre les clients
potentiels sur une zone élargie : lieu
d'implantation, publicité, présence
dans certains salons ou manifestations, site internet...
Les caractéristiques de la concurrence
en place
La stratégie commerciale doit également
tenir compte des solutions déjà
proposées par la concurrence en place.
L'étude de marché peut en effet
avoir révélé une concurrence
peu développée, ou bien la présence
d'un leader ou encore une concurrence diversifiée.
Pour chaque cas, des actions spécifiques
devront être prévues, comme par exemple
développer un ou plusieurs avantages concurrentiels,
cibler une niche de marché très
précise qui distinguera l'entreprise, ou
encore réfléchir à une façon
originale de se présenter pour se démarquer
des autres.
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Une fois l'offre construite,
il est temps d'envisager l'organisation de la
force de proposition de l'entreprise, c'est à
dire prévoir les relations avec ses futurs
clients et décider des actions à
mener pour favoriser ces relations. Cette réflexion
permettra notamment de prévoir les coûts
inhérents à ces actions de manière
à les prendre en compte dans l'étude
financière.
L'ensemble des moyens qui permettent
d'agir sur un marché peuvent être
classés en trois catégories :
- Ceux qui visent à «
attirer le consommateur vers le produit ».
Ils relèvent de l'action publicitaire.
En fonction du budget, de l'étendue du
rayon d'action et du type de support le plus efficace,
pourront être choisis : l'insertion dans
les « pages jaunes », la signalétique
et/ou publicité sur le lieu de vente, la
distribution de prospectus, de cartes de visite,
la publication d'encarts publicitaires dans la
presse locale ou spécialisée ainsi
que dans les annuaires professionnels, la diffusion
d'annonces sur les radios locales...
- Ceux qui visent à «
pousser le produit vers le consommateur ».
Ils relèvent de l'action promotionnelle.
Elle permet d'inciter ponctuellement à
l'achat en accordant un avantage exceptionnel:
journées portes ouvertes, petits évènements,
dégustations, démonstrations, participation
à des foires, cartes de fidélité...
- Ceux qui visent à «
établir un contact direct avec le consommateur
». Ils relèvent des actions de prospection
ou de relance : porte à porte, prospection
téléphonique, par courrier, fax
avec coupon-réponse...
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